En 1991, des chercheurs britanniques ont suivi pendant dix-huit mois la pousse des cheveux de quatorze hommes en bonne santé. Ils ont observé que la part de follicules en phase de croissance déclinait de mars à septembre, et que la chute atteignait environ 60 cheveux par jour en fin d’été, soit plus du double du rythme de l’hiver précédent (étude publiée dans le British Journal of Dermatology). L’échantillon est petit, mais il rejoint ce que beaucoup constatent dans leur brosse à la rentrée. La chute de cheveux en automne existe bel et bien. Elle passe le plus souvent d’elle-même, sauf dans quelques situations qu’il vaut mieux repérer tôt.
Pourquoi les cheveux tombent davantage à la rentrée
Un cheveu ne tombe jamais au hasard. Chaque follicule alterne une longue phase de croissance, une courte transition, puis une phase de repos au bout de laquelle le cheveu se détache et laisse la place à un nouveau. À tout moment, la grande majorité des follicules pousse et une minorité se repose.
Le phénomène saisonnier tient à un décalage : une partie des follicules passe au repos à peu près en même temps, et leurs cheveux tombent ensemble quelques semaines plus tard. Pourquoi à la fin de l’été ? Lumière, hormones, température : les pistes existent, mais les chercheurs n’ont pas tranché.
Chute saisonnière ou effluvium : comment faire la différence
Les dermatologues parlent d’effluvium télogène quand une grande quantité de cheveux passe en phase de repos d’un coup. La chute est diffuse, répartie sur tout le crâne, et elle survient souvent plusieurs semaines après un déclencheur : forte fièvre, accouchement, opération, régime très restrictif, période de stress intense, certains médicaments. La chute d’automne en est une version douce, sans cause à chercher.
| Situation | Ce qu’on observe | Durée habituelle | Que faire |
|---|---|---|---|
| Chute saisonnière | Plus de cheveux sur la brosse et dans la douche, volume globalement conservé | Quelques semaines | Patienter et surveiller |
| Effluvium après un déclencheur | Chute diffuse et marquée, quelques semaines après un épisode identifiable | Souvent plusieurs mois | En parler à un médecin |
| Chute liée à une carence ou à un trouble hormonal | Chute qui s’installe, parfois avec fatigue, frilosité ou peau sèche | Tant que la cause persiste | Consultation, bilan sur prescription |
| Plaques dégarnies | Zones rondes ou lisses, cuir chevelu rouge ou douloureux | Variable | Consulter rapidement |
Quand consulter sans attendre
La règle de bon sens : si la chute dure au-delà de quelques semaines, ou si elle s’accentue au lieu de se calmer, mieux vaut prendre rendez-vous. Même chose si vous voyez apparaître des plaques, une raie qui s’élargit, des tempes qui se dégarnissent ou des démangeaisons persistantes du cuir chevelu.
Les signes d’accompagnement comptent autant que les cheveux. Une fatigue inhabituelle, un essoufflement à l’effort, une sensibilité accrue au froid, une prise ou une perte de poids sans explication, des règles très abondantes ou des sourcils qui s’éclaircissent orientent vers une cause générale. Notez-les avant la consultation.
Fer et thyroïde : un bilan, mais sur avis médical
Deux pistes reviennent souvent. Le fer d’abord : une carence, qu’on repère par un dosage de la ferritine, peut accompagner une chute de cheveux, surtout en cas de règles abondantes ou d’alimentation pauvre en produits riches en fer. La thyroïde ensuite : qu’elle ralentisse ou qu’elle s’emballe, elle peut modifier la qualité et la densité des cheveux, et un dosage de la TSH aide à y voir clair.
Ces analyses ne sont pas automatiques. C’est le médecin qui décide de les prescrire, d’après votre histoire et votre examen. Et quand le résultat est normal, ce qui arrive souvent, cela rassure déjà beaucoup. Évitez surtout de vous supplémenter en fer de votre propre chef : un excès n’a rien d’anodin. Côté soins, notre article sur la poudre d’ortie en masque capillaire fait le point sur ce qu’on peut en attendre, sans promesse de résultat.
Les gestes utiles en attendant
- Brossez vos cheveux avec douceur, avec une brosse à picots arrondis, et ne tirez pas sur les nœuds.
- Évitez les chignons et queues-de-cheval très serrés, ainsi que les lissages à haute température répétés.
- Choisissez un shampooing doux et lavez-vous les cheveux aussi souvent que nécessaire : un cheveu déjà au repos tombera de toute façon.
- Gardez une alimentation variée, avec des protéines à chaque repas, et fuyez les régimes drastiques qui peuvent eux-mêmes déclencher une chute.
- Photographiez votre raie et le dessus du crâne tous les quinze jours, à la même lumière, histoire de juger l’évolution sur pièces.
- Notez la date du début de la chute et les événements des trois mois précédents (maladie, stress, médicament).
Ce qu’il faut vraiment retenir
Perdre davantage de cheveux à l’automne n’a rien d’inhabituel, et la repousse suit en général. Si la chute traîne au-delà de quelques semaines, si des plaques apparaissent ou si une fatigue s’installe, parlez-en à votre médecin, qui jugera de l’intérêt d’un bilan comprenant fer et thyroïde. Aucun soin ni complément ne remplace cette étape.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez un professionnel de santé pour toute question relative à votre situation personnelle.

