Dans 14 à 20 % des logements français, des moisissures visibles sont présentes, d’après l’Anses. Ces taches noires ou verdâtres signalent presque toujours un excès d’eau dans l’air ou sur les murs. Or l’humidité du logement ne se devine pas à l’odorat : un petit appareil à quelques euros, l’hygromètre, en donne une mesure fiable.
Pourquoi l’humidité du logement mérite d’être mesurée
Un logement trop humide favorise les moisissures, les acariens et les odeurs de renfermé. L’Anses relève des effets respiratoires établis liés aux moisissures, notamment l’apparition ou l’aggravation de l’asthme chez l’enfant et de la rhinite allergique. Les nourrissons, les personnes asthmatiques ou allergiques et celles dont les défenses sont fragiles y sont plus sensibles.
À l’inverse, un air trop sec irrite la gorge, le nez et la peau. Sans mesure, on corrige donc souvent au hasard : on aère trop ou pas assez, on chauffe plus fort, on installe un humidificateur dont on n’avait pas besoin.
Comment fonctionne un hygromètre
L’appareil affiche l’humidité relative, c’est-à-dire la quantité de vapeur d’eau présente dans l’air par rapport à ce que cet air peut contenir à une température donnée. Les modèles numériques à pile sont lisibles d’un coup d’œil et souvent associés à un thermomètre. Plus la pièce est froide, plus l’humidité relative monte, ce qui explique les problèmes près des murs froids et des fenêtres.
Posez l’hygromètre à hauteur d’homme, loin d’une source de chaleur, d’une fenêtre ou d’une bouche de ventilation. Laissez-le se stabiliser une heure avant de lire la valeur. Notez ensuite les relevés matin et soir pendant une semaine, car l’humidité varie beaucoup au fil de la journée.
Les valeurs ne se lisent pas isolément. Une salle de bain très humide juste après la douche n’a rien d’inquiétant si le chiffre redescend dans l’heure qui suit. Le problème apparaît quand l’humidité reste haute pendant des heures, ou quand elle revient chaque jour à la même heure. Relevez aussi la température : une pièce peu chauffée garde plus facilement l’eau dans l’air et sur les murs.
Dans quelles pièces le placer en priorité
Chaque pièce raconte une histoire différente. Le tableau suivant résume les zones sensibles et ce qu’il faut observer.
| Pièce | Pourquoi elle est sensible | Moment du relevé |
|---|---|---|
| Chambre | La respiration nocturne apporte de la vapeur d’eau | Au réveil |
| Salle de bain | Douches et bains saturent l’air | Après la douche et une heure plus tard |
| Cuisine | Cuisson, lave-vaisselle et casseroles | Après le repas |
| Pièce avec séchage du linge | Le linge libère beaucoup d’eau | Pendant et après le séchage |
Que faire si l’humidité reste élevée
Commencez par les gestes les plus simples : aérer en grand quelques minutes chaque jour, vérifier que les bouches de ventilation ne sont pas bouchées et éviter de sécher le linge dans la chambre. Notre article sur la buée sur les vitres détaille les erreurs qui installent les moisissures. Si l’air est au contraire trop sec, notre guide sur l’air sec en hiver propose des solutions sans appareil électrique.
Quand l’hygromètre reste haut malgré ces gestes, ou si des taches reviennent après nettoyage, la cause est peut-être structurelle : infiltration, remontée d’eau dans le mur, défaut de ventilation. L’Anses évoque justement des causes liées aux ponts thermiques, aux remontées capillaires et à la ventilation. Un professionnel du bâtiment pourra alors faire un diagnostic.
Les gestes pratiques à retenir
- Placer un hygromètre dans la chambre et la salle de bain, puis noter les valeurs sur une semaine.
- Aérer en grand cinq à dix minutes par jour, y compris en hiver, histoire de renouveler l’air.
- Couvrir les casseroles et allumer la hotte pendant la cuisson.
- Laisser la porte de la salle de bain ouverte après la douche, une fois la ventilation en marche.
- Éloigner les meubles des murs froids pour laisser l’air circuler derrière.
- Nettoyer rapidement toute tache de moisissure naissante et en chercher la source.
Ce qu’il faut vraiment retenir
Un hygromètre transforme une impression vague en mesure précise, pour quelques euros. Il aide à décider s’il faut aérer, chauffer, ventiler ou faire venir un professionnel. Au fond, le plus utile reste de repérer vite une dérive : une valeur qui grimpe chaque soir signale un problème avant les premières taches. Posez-en un dans votre chambre cette semaine et comparez les relevés avant et après quelques jours d’aération régulière.

