Ibuprofène, kétoprofène, aspirine : ces médicaments dorment dans presque toutes les armoires à pharmacie. Pour la fièvre ou la douleur, l’Assurance maladie rappelle de ne pas dépasser 3 jours pour la fièvre et 5 jours pour la douleur en cas d’infection, et d’arrêter dès que les symptômes disparaissent, comme elle le détaille dans sa page sur le bon usage des anti-inflammatoires. Ces limites ne tombent pas du ciel : l’estomac fait partie des premières victimes d’un usage trop prolongé.
Comment les anti-inflammatoires agissent sur la muqueuse
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) bloquent des enzymes appelées cyclo-oxygénases. Elles fabriquent les prostaglandines qui déclenchent la douleur et la fièvre. Problème : certaines prostaglandines protègent aussi la paroi de l’estomac, en stimulant le mucus et en maintenant un bon flux sanguin. Quand le médicament les réduit, la muqueuse devient plus vulnérable à l’acidité gastrique.
Cette fragilisation peut aller de la simple gêne (brûlures, nausées) jusqu’à l’ulcère, voire au saignement digestif. Le risque dépend de la dose, de la durée du traitement et de votre profil.
Qui est le plus exposé
Certaines situations augmentent nettement la vulnérabilité de l’estomac. Les personnes âgées, celles qui ont déjà eu un ulcère ou un saignement, et celles qui prennent en même temps des anticoagulants ou des corticoïdes doivent redoubler de prudence. L’association de plusieurs AINS, par exemple un comprimé d’ibuprofène avec de l’aspirine, multiplie les risques sans augmenter l’effet.
L’alcool n’arrange rien. Il irrite lui aussi la muqueuse gastrique, et l’addition des deux peut transformer une gêne passagère en vrai problème.
Les signes qui doivent faire arrêter le traitement
Une douleur au creux de l’estomac qui s’aggrave, des selles noires et malodorantes, des vomissements qui ressemblent à du marc de café : ces signaux évoquent un saignement digestif. Dans ce cas, arrêtez le médicament et appelez rapidement un médecin ou le 15. Un simple inconfort, lui, justifie déjà d’en parler au pharmacien.
Paracétamol ou AINS : comment choisir
| Situation | Option souvent préférée | Précaution |
|---|---|---|
| Fièvre ou douleur modérée | Paracétamol, dans les doses de la notice | Ne pas dépasser la dose quotidienne maximale |
| Douleur inflammatoire (articulaire, dentaire) | AINS sur courte durée | Prendre pendant un repas, dose minimale efficace |
| Antécédent d’ulcère ou de saignement | Éviter les AINS sans avis médical | Parler à son médecin avant toute prise |
| Grossesse à partir du 6e mois | Éviter les AINS | Contre-indication stricte |
Le paracétamol n’est pas sans danger non plus : un usage quotidien au-delà des doses recommandées met le foie en difficulté, comme nous l’expliquons dans notre article sur le seuil critique du paracétamol.
Les bons réflexes avant d’ouvrir la boîte
- Prendre le comprimé au milieu d’un repas, jamais à jeun.
- Choisir la dose la plus faible qui soulage, sur la durée la plus courte.
- Ne pas cumuler deux médicaments qui contiennent un AINS.
- Demander conseil au pharmacien avant tout achat en automédication.
- Éviter l’alcool pendant le traitement.
- Ne pas reprendre un AINS prescrit pour une autre situation sans avis.
Ce qu’il faut vraiment retenir
Les anti-inflammatoires rendent de vrais services, à condition de rester une solution de courte durée. Plus on s’en sert longtemps ou à forte dose, plus la muqueuse de l’estomac en subit les conséquences. Si vous avez besoin d’un traitement antidouleur de façon répétée, parlez-en à votre médecin : d’autres options existent, et un protecteur gastrique peut s’imposer.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez un professionnel de santé pour toute question relative à votre situation personnelle.

