Les maladies cardiovasculaires ont causé environ 19,8 millions de décès dans le monde en 2022, soit près d’un tiers de l’ensemble des décès, selon l’Organisation mondiale de la santé. On pense au tabac, au sel, à la sédentarité. On pense beaucoup moins à la nuit. Pourtant, un sommeil haché, des ronflements bruyants ou une fatigue qui ne part pas peuvent parfois trahir une apnée du sommeil, un trouble qui met le cœur à rude épreuve.
Apnée du sommeil : quand la respiration s’arrête la nuit
Dans l’apnée obstructive, les voies aériennes se ferment de façon répétée pendant le sommeil. Le souffle s’interrompt quelques secondes, l’oxygène baisse dans le sang, le cerveau déclenche un micro-réveil pour relancer la respiration. Ce cycle peut se répéter de très nombreuses fois par nuit, sans que la personne s’en souvienne le lendemain.
Chaque épisode déclenche une décharge d’adrénaline, accélère le cœur et fait grimper la tension. Répété nuit après nuit, ce stress physiologique laisse des traces sur le système cardiovasculaire.
Le lien avec le cœur : ce que dit l’Assurance maladie
Selon ameli.fr, une apnée du sommeil non traitée augmente le risque d’hypertension artérielle, de maladie coronarienne et d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque et de troubles du rythme comme la fibrillation auriculaire. La baisse d’oxygène pendant la nuit peut suffire à déclencher des arythmies.
Autrement dit, ce n’est pas seulement un problème de fatigue ou de gêne pour le conjoint. C’est un facteur de risque cardiovasculaire à part entière, et souvent sous-estimé parce qu’il se passe pendant que l’on dort.
Les signaux qui doivent alerter
| Signal | Ce qu’il peut traduire | À faire |
|---|---|---|
| Ronflements forts, pauses respiratoires observées | Apnée obstructive possible | En parler à son médecin |
| Somnolence dans la journée malgré une nuit complète | Sommeil fragmenté | Consulter, éviter la conduite prolongée |
| Maux de tête au réveil | Manque d’oxygène nocturne | Signaler lors de la consultation |
| Tension élevée résistante aux traitements | Apnée parfois en cause | Demander un dépistage du sommeil |
| Réveils avec palpitations ou sensation d’étouffement | Troubles du rythme ou apnée | Avis médical sans attendre |
Comment le diagnostic se fait
Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil. Le plus courant est la polygraphie ventilatoire nocturne : un petit boîtier mesure le débit d’air, l’oxygène dans le sang et les efforts respiratoires, souvent à domicile. Dans les cas plus complexes, une polysomnographie, plus complète, analyse aussi l’activité du cerveau. Rien de douloureux, mais il faut une prescription et un médecin pour interpréter les résultats.
Les traitements dépendent de la sévérité : perte de poids si nécessaire, limitation de l’alcool le soir, dormir sur le côté, orthèse d’avancée mandibulaire, ou pression positive continue pour les formes plus marquées.
Qui est le plus concerné
L’apnée touche plus souvent les personnes en surpoids, celles qui ont un cou large, une cloison nasale déviée ou des amygdales volumineuses, et devient plus fréquente avec l’âge. Les hommes sont davantage concernés, mais le trouble augmente chez les femmes après la ménopause. Beaucoup ne se plaignent pas de leur sommeil : ce sont le conjoint, ou un médecin lors d’un bilan de tension, qui donnent l’alerte. Autre piège : la fatigue est mise sur le compte du stress ou du travail, alors qu’elle persiste malgré des nuits de huit heures.
Les gestes utiles en attendant la consultation
- Demandez à votre entourage s’il observe des pauses respiratoires ou des ronflements sonores.
- Évitez l’alcool et les somnifères le soir : ils relâchent les muscles de la gorge.
- Dormez sur le côté plutôt que sur le dos.
- Gardez une heure de coucher régulière et une chambre fraîche et aérée.
- Notez vos symptômes pendant deux semaines pour aider le médecin.
Pour aller plus loin sur l’hygiène de nuit, lisez ce que vous mangez le soir sabote votre sommeil et la fréquence cardiaque au repos, meilleur indicateur de forme, deux repères simples pour surveiller son cœur.
Ce qu’il faut vraiment retenir
Un mauvais sommeil n’est pas toujours anodin. Ronflements marqués, somnolence inhabituelle, maux de tête au réveil ou tension difficile à contrôler justifient d’en parler à un médecin, qui pourra prescrire un enregistrement du sommeil. L’apnée du sommeil se traite, et la traiter protège aussi le cœur. Inutile d’attendre un symptôme cardiaque pour s’en préoccuper.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez un professionnel de santé pour toute question relative à votre situation personnelle.

