Selon l’ANSES, les hommes français consomment en moyenne près de 10 g de sel par jour et les femmes environ 8 g, en comptant le sel ajouté à la maison, alors que la recommandation se situe à 5 g quotidiens. Le sel de mer, souvent présenté comme une alternative plus saine, contient pourtant à peu près la même proportion de sodium que le sel de table classique : environ 97 à 99 % de chlorure de sodium dans les deux cas (source).
Pourquoi le sel de mer garde une image plus saine
Sa texture plus grossière, sa couleur parfois grisée et son prix plus élevé donnent l’impression d’un produit plus naturel, presque brut. Le marketing autour des fleurs de sel et des sels de mer artisanaux renforce cette perception, en mettant en avant le mode de récolte plutôt que la composition réelle du produit. Sur le plan chimique pourtant, la différence avec le sel de table reste minime une fois qu’on regarde la teneur en sodium.
Ce qui change vraiment entre les types de sel
| Type de sel | Teneur en sodium | Particularité |
|---|---|---|
| Sel de table | Environ 39 % de sodium | Souvent enrichi en iode |
| Sel de mer | Environ 38 à 39 % de sodium | Traces de minéraux, quantités infimes |
| Sel rose de l’Himalaya | Environ 38 % de sodium | Coloration due au fer, sans effet nutritionnel notable |
Les traces de magnésium, de potassium ou de calcium présentes dans le sel de mer existent bien, mais en quantités si faibles qu’elles ne changent rien à l’apport nutritionnel réel comparé à une alimentation variée.
Pourquoi l’excès de sodium pose problème
Un apport élevé en sodium sur la durée favorise la rétention d’eau et augmente la pression exercée sur les parois artérielles, ce qui explique le lien direct avec l’hypertension artérielle. Le rein doit travailler davantage pour éliminer le surplus, un effort qui, répété quotidiennement pendant des années, use progressivement cette fonction chez certaines personnes prédisposées.
Où se cache le sel qu’on ne voit pas
Le pain, la charcuterie, les fromages, les plats préparés et même certaines céréales du petit-déjeuner apportent, à eux seuls, la majorité du sel consommé quotidiennement, bien avant la salière posée sur la table. Resaler ses plats compte pour une part finalement modeste de l’apport total chez la plupart des gens, ce qui explique pourquoi réduire le sel ajouté à la cuisson ne suffit pas toujours à faire baisser significativement la consommation globale.
Comment réduire sans perdre en goût
Les herbes fraîches, l’ail, le citron et les épices relèvent un plat sans recourir au sel, à condition de les utiliser généreusement dès la préparation plutôt qu’en toute fin de cuisson. Goûter avant de resaler, plutôt que de saler par habitude, permet aussi de repérer que beaucoup de plats sont déjà suffisamment assaisonnés par les ingrédients eux-mêmes.
- Lire les étiquettes des plats préparés, souvent plus riches en sel qu’on ne l’imagine
- Privilégier les herbes et épices plutôt que le sel pour relever un plat
- Limiter la charcuterie et les fromages affinés, grands pourvoyeurs de sodium
- Ne pas se fier au prix ou à l’origine d’un sel pour juger sa teneur en sodium
- Goûter avant de resaler systématiquement par automatisme
Le cas particulier du sel iodé
Le sel de table vendu en supermarché est le plus souvent enrichi en iode, un oligo-élément essentiel au bon fonctionnement de la thyroïde. Le sel de mer artisanal, lui, n’est presque jamais iodé, ce qui peut représenter un vrai manque à gagner pour les personnes qui ont totalement délaissé le sel classique au profit du sel de mer sans compenser par d’autres sources d’iode comme le poisson ou les produits laitiers. Ce détail, rarement mentionné sur les emballages haut de gamme, mérite d’être pris en compte avant de changer complètement ses habitudes.
Ce qu’il faut vraiment retenir
Le sel de mer n’apporte aucun avantage réel sur le sel de table en matière de sodium, malgré une image plus qualitative. La vraie marge de progrès se trouve du côté des aliments transformés, bien plus salés que ce que la salière ajoute à table. Réduire sa consommation globale, plutôt que de changer de type de sel, reste le geste qui compte pour la santé cardiovasculaire.

